Opinions, réactions et débats sur le blogue de MSN.ca

22/05/2013

Plus d’histoire? Bien sûr!

Un billet de Martin Bisaillon

Le Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie Pierre Duchesne a proposé récemment d’augmenter le nombre de cours d’histoire obligatoires dans les Cégeps. Ce n’est pas encore fait car les modalités d’un tel changement, s’il survient, restent à déterminer. Quelle belle idée! 

PatriotesNéanmoins et peut-être même sans le savoir le ministre s’attaque de front à l’inculture au Québec. Cette inculture prend plusieurs formes. Par exemple, ses opposants politiques craignent que l’Histoire ne devienne de la propagande. Quelques animateurs des radios poubelles ont émis les mêmes appréhensions avec tous les superlatifs loufoques dont ils sont capables. Comme dans plusieurs dossiers, ces gens-là se méfient des connaissances.  

Pierre-Yves McSween, une professeur des HEC qui collabore régulièrement au journal La Presse, propose plutôt d’augmenter les cours de finances personnelles pour mieux outiller les futurs citoyens à ne pas se faire arnaquer par des financiers, à faire correctement leurs impôts et payer leur factures les fins de mois. Il y va, lui aussi, d’un coup en bas de la ceinture assorti d’une pensée sortie d’un fortune cookie :

« Est-ce que cette soudaine obsession pour les cours d'histoire au cégep induit une stratégie implicite pour valoriser le projet de souveraineté? Il vient un temps où regarder dans le rétroviseur ne donne pas le bon signal sur ce qui se passe à l'avant ».

Il faut être vraiment inculte pour affirmer de telles sottises. Car l’Histoire ne peut pas être instrumentalisée à des fins de propagandes dans la société dans laquelle nous vivons. Les professeurs sont formés, cultivés, critiques et indépendants: je le sais, j’ai eu la chance d’enseigner au collégial cette fabuleuse discipline.

En outre, l’historiographie québécoise distille plusieurs courants de pensée forts différents et très
instructifs. Par exemple sur la Conquête de 1763, certains affirment que cela a décapité les élites canadiennes tandis que d’autres estiment que l’avènement du parlementarisme britannique qui en a résulté a été bénéfique pour notre nation. Quel beau débat! 

Si on l’enseignait avec force détails l’histoire des Patriotes dont on honorait la mémoire lundi dernier,
 on apprendrait qu’il y en avait au Haut-Canada et que ceux-ci comptent plus de pendus que les Patriotes du Bas-Canada.  On saurait que la démarche de Louis-Joseph Papineau et de ses alliés s’inscrivait dans un grand mouvement de revendications des peuples soumis à des couronnes dans les années 1820-1830.

Est-ce de la propagande? Non.  

En outre, l’Histoire ne se borne pas au Québec. Les relations internationales, les civilisations occidentales et non-occidentales méritent qu’on les connaisse davantage.

L’Histoire a le mérite de nous permettre d’approfondir nos connaissances utiles tout en nous permettant d’exercer notre esprit critique. De manière générale, on a besoin de ça dans la
vie. La preuve? L’Histoire du Québec pour les nuls d’Éric Bédard est un best-seller avec plus de 20 000 exemplaires vendus.

Ne nous privons pas collectivement d’être plus cultivés, n'en déplaise aux esprits chagrins qui
n'aiment pas la culture.

16/05/2013

Denis Coderre est-il un sauveur ?

Coderre250Un billet de Martin Bisaillon


C’est aujourd’hui que Denis Coderre annonce qu’il est candidat à la mairie de Montréal. Un sondage récent paru dans La Presse le place bien en avant de Richard Bergeron de Projet Montréal et Louise Harel de Vision Montréal dans les intentions de vote. Comme Micheal Applebaum ne se représentera pas, en théorie du  moins, inutile de le compter parmi les aspirants. Mais fait significatif, il talonne Coderre selon ce dernier sondage, même s’il a été lié à la patente Union Montréal avant qu’il ne fasse son coup d’état pour accéder au poste de maire. La mémoire est une faculté qui oublie comme on dit.
 
En gros, pour le moment, cela signifie qu’un homme qui a fait toute sa carrière au sein du Parti libéral du Canada, une femme qui a fait toute sa carrière au sein du Parti québécois et un urbaniste aux positions parfois radicales se feront la lutte en novembre pour diriger cette ville quasi-ingouvernable dont la réputation est entachée jours après jours depuis huit mois.
 
C’est tout ce qu’on a sous la main en ce moment. Misère! Dans un texte précédent, je relatais l’offre d’emploi lancé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour trouver un candidat ou une candidate à l'hôtel de ville. Cette offre d’emploi n’est pas du tout caduque à l’heure actuelle.
 
Certains comparent le style de Denis Coderre à celui de Régis Labeaume. Ils croient qu’un type de leadership comme celui exercé par le maire de Québec serait salutaire pour la métropole. C’est une erreur: Montréal n’est pas Québec. Ses enjeux sociaux-économiques et urbanistiques dépassent largement ceux de la Vieille Capitale. Surtout pas de grands projets comme celui de l’amphithéâtre: nous avons déjà donné.
 
Je crois que le prochain maire devra consolider et valoriser les acquis de la ville, remettre en état ses infrastructures, développer une vision du transport en commun et améliorer sa gouvernance avec diplomatie. Pour cela, il faut de la sagesse, une grande force de persuasion et une volonté de fer nourrie par une réelle passion pour le service publique. Il faut aussi de l'expérience. Cette expérience fait défaut aux candidats déclarés.
 
Car Montréal a besoin de quoi? D’un administrateur chevronné qui ramènera l’éthique, le goût du travail bien fait et l’efficacité à l’hôtel de ville. C’est ça que les Montréalais veulent, un quatre ans paisible et efficace qui redonnera du lustre à leur cité.
 
Non, Denis Coderre n’est pas un sauveur, non plus que les autres candidats si vous voulez mon avis.
 
Pour paraphraser la Chambre de commerce, le poste est encore ouvert.
 
Mais pour qui ?
 
Je n’ai jamais fait ça sur ce blogue mais je vous pose la question. Qui pourrait, en quatre ans, redresser le cœur économique du Québec?

Martin Bisaillon sur Twitter


La « souveraineté alimentaire »? Vraiment?

Un billet de Feifei Chiang Poulet

 

Radio-Canada a affirmé, mercredi, que le gouvernement du Québec planchait sur la possibilité d’avoir des incitatifs plus sérieux pour les géants de l’alimentation à s’approvisionner au Québec.

La manie du gouvernement Marois de vouloir insérer le mot « souveraineté » partout m'a presque fait rater une nouvelle que je qualifie d'importante. J'ai dû lire une deuxième fois pour comprendre de quoi il s'agissait.

En effet, au Québec, les supermarchés refusent systématiquement de s’approvisionner au Québec. Pire encore : les lois forcent ces supermarchés à afficher la provenance de leurs aliments, mais ceux-ci, plus souvent qu’autrement, refusent de le faire.

Mon expérience personnelle me dit que certains gérants de supermarchés prennent le mors aux dents lorsqu’on leur souligne le fait qu’ils ne respectent pas la loi. Allez-y, voir, faites le test : promenez-vous dans l’allée des fruits et légumes dans un Loblaws ou dans un Intermarché. Est-ce que la
provenance des fraises, des bleuets, des navets et des topinambours est écrite? Si non, jouez les trouble-fête, je vous en prie : allez au comptoir de service à la clientèle, demandez le gérant, et demandez-lui pourquoi les provenances ne sont pas clairement indiquées. Regardez-le tourner rouge, bleu, vert, crier et vous « inciter » à quitter les lieux. Allez-y, pour voir!

Économies de bouts de chandelle

Alors que certains y voient enfin une lueur de bon sens de la part de ce gouvernement mis à mal dans les sondages, d’autres affirment qu’il s’agit de protectionnisme rétrograde et même d’une forme de taxe cachée. Mais qui peut bien penser que « manger local » soit une mauvaise idée? Je vous le demande en toute sincérité : quelqu’un peut me donner un argument valide? Je ne comprends pas qui pourrait être contre.

Voyons voir, quels sont les points positifs à vouloir financer, aider, promouvoir et célébrer les agriculteurs locaux?

- L’économie des régions est, en très grande partie, basée sur l’agriculture. Ceci signifie qu’il y aurait enfin des emplois dans des endroits mis à mal par la conjoncture économique actuelle.

- Les pesticides et autres produits chimiques qui sont illégaux au Québec – illégaux puisqu’on sait qu’ils sont nocifs – ne le sont pas nécessairement aux États-Unis, en Amérique latine ou encore en Chine. On ne sait pas vraiment ce qu’on met dans notre bouche…

- La viande est traitée très différemment. On sait déjà que le porc est maltraité au Québec et qu’il le sera encore longtemps, mais on moins, on le sait. On n’a aucune idée des traitements réservés aux animaux en provenance de l’Argentine ou de l’Inde.

- Les agriculteurs locaux sont des gens fiers, qui travaillent plus fort que quiconque, et qui sont en difficulté financière pour la plupart. En fait, l’agriculteur est une espèce en voie de disparition. Leur sort est entre nos mains.

- On a parlé maintes et maintes fois, depuis une dizaine d’années, de la bouffe bio. Si on veut que les terres du Québec soient traitées « à la bio », il faudrait, fort probablement acheter leurs produits.

- Le transport d’aliments est un sérieux problème. Par bateau, par avion, par train, par camion : tous brûlent des centaines de milliers de barils de pétrole par année. Ceci pose problème pour l’environnement et pour l’économie, bien entendu, mais aussi pour l’armée canadienne : par exemple, le pétrole brûlé au Québec vient, en grande partie, d’Algérie. Vous souvenez-vous de la prise d’otages de terroristes en janvier dernier? Aussi, Al-Qaida au Maghreb est bien implanté en Algérie – en fait, ses racines s’y trouvent.

Bien entendu, cette liste est non-exhaustive. En fait, je vous mets au défi, chers lecteurs, d’en trouver d’autres et de les ajouter aux commentaires au bas de cette page.

Et puis, si le gouvernement du Québec pouvait, du même coup, changer son fusil d’épaule au sujet de l’étiquetage OGM… Mais bon, je rêve probablement en couleurs.

Pas seulement les fruits et légumes

Mais cette situation est d’autant plus probante lorsqu’on pense à la viande. Les petits producteurs de bœuf d’Estrie (et de tout le Québec) souffrent sérieusement, au point où plusieurs observateurs se demandent si l’industrie ne serait pas à l’agonie. Entre autres problèmes, ils en ont un géant sur les bras, causé par les amis de Jean Charest avec l’affaire de l’abattoir Levinoff-Colbex, et ce scandale va continuer à leur coûter très cher durant les années à venir.

Aussi, la provenance des viandes emballées par les supermarchés n’est que très rarement affichée. Le gouvernement forcera-t-il l’industrie à changer cette pratique? Cette incongruité est malheureusement une sérieuse épine dans le pied de la crédibilité du gouvernement Marois sur ce projet de bouffe locale, qui n’est, rappelons-le, qu’à l’étape d’idée.

Le bœuf de l’Alberta, le porc du Vermont, le lait et les œufs d’Ontario…

Mais ce qui frappe le plus, c’est à quel point le marché de l’agneau et inondé de viande en provenance de Nouvelle-Zélande.

L’agneau du Québec – entre autres celui de Charlevoix, internationalement reconnu – est presqu’absent des tablettes des géants de l’alimentation. L’agneau congelé et décongelé venant de Nouvelle-Zélande – à une distance de près de 15 000 kilomètres, rappelons-le – est partout, moins cher, emballé sous vide et l’objet de maintes et maintes promotions dans les circulaires des Provigo et Super C de ce monde. Martin Picard

Une nouvelle mode frappe présentement Montréal : celle du restaurant qui offre des produits locaux – bières, vins, viandes, fruits et légumes – concoctés à l’aide de techniques locales venant de chefs québécois – Martin Picard, David McMillan – et cette mode locavore fait la renommée du Québec dans le monde. La preuve? Anthony Bourdain consacrait en avril dernier une émission d’une heure sur les mérites de la cuisine et des produits du terroir québécois. Cependant, les ménages québécois continuent de manger des produits venant de l’autre bout du monde.

Oui, le gouvernement québécois fait bien d’explorer cette avenue. En fait, celui-ci est probablement quinze ans en retard.

12/05/2013

Les cupides

VaillancourtUn billet de Jean-Philippe Cipriani

Je ne viens pas d’une famille aisée. Ce qui ne m’a jamais empêché de faire quoi que ce soit, mais qui a toujours teinté mon rapport à l’argent. Lorsqu’on connaît vraiment sa valeur, on en retire une certaine prudence, voire une frugalité. Dans la foulée de l’arrestation de l’ancien maire Gilles Vaillancourt, les réactions dans les vox pop et lignes ouvertes traduisaient un sentiment assez légitime de dégoût face aux millions de dollars qu’on le soupçonne d’avoir détourné à son profit. Idem pour les fonctionnaires devant la Commission Charbonneau, qui admettaient candidement s’être laissé corrompre pour toucher des milliers de dollars.

«Tout le monde le faisait», «c’est comme ça que ça marchait»: c’est l’excuse la moins valable, mais peut-être la plus répandue. Ils ne l’admettront pas, mais plusieurs Québécois se sont peut-être reconnus dans ce genre de déclarations. Avouez que vous en connaissez qui auraient fermé les yeux pour eux aussi «faire la piasse»? Notre rapport à l’argent est complexe, teinté d’amour-haine. Le chef de la CAQ, François Legault, trouve qu’il n’y a pas assez de riches au Québec. À l’époque où il était chef de l’ADQ, Gérard Deltell avait lancé un «bravo les riches» qui devrait le hanter encore aujourd’hui.

Le préjugé tenace veut que les Québécois n’aiment pas les riches, qu’ils jalousent ceux qui ont du succès. C’est confondre richesse avec mérite.

À mon sens, la majorité des Québécois croient plutôt que l’argent doit se mériter. Les réactions violentes face à la vague de «criminels à cravate» le démontrent bien. Voilà pourquoi cette culture de clique et du «tout m’est dû», qui émane de la commission Charbonneau comme elle émanait de la commission Gomery, les rend cyniques.

Prenons le flot de nominations partisanes du Parti québécois, qui n’ont rien à envier à celles des précédents libéraux. Une culture de tapes dans le dos qui se traduit par des postes dans des sociétés d’État et sur des conseils d’administrations à des centaines de milliers de dollars, doublés de primes affriolantes. Des salaires et un train de vie que l’immense majorité d’entre vous et moi ne toucheront jamais. La gouvernance, celle qui se fait en dehors du Parlement, semble complètement pervertie par un système économique qui ne récompense pas en fonction du mérite, mais du marché.

On nous répète que sans ces rémunérations faramineuses, on ne trouverait pas de candidature de prestige. Au risque de paraître grossier, le prestige, on s’en crisse un peu; c’est la compétence qu’on aimerait bien voir.

On pourrait compter sur la même réaction face à la cupidité de patrons dont l’entreprise se rit de ses clients par son service à la clientèle affligeant, comme de ses employés payés au salaire minimum.

Ce n’est pas la richesse qui dérange les Québécois. C’est la clique de la richesse, due à l’amitié, au bon parti, aux bonnes personnes, à l’allégeance au système. Celle des paradis fiscaux et des clubs privés. Celle d’une clique financière qui se maintient au sommet et qui s’auto-congratule. Et celle de patrons de firmes acoquinées au pouvoir qui vont témoigner avec une candeur désarmante de ce brassage de millions de dollars en argent public, de ces voyages et de ces faveurs, comme s’il s’agissait du cours normal des choses.

Mais que voulez-vous, on n’est pas sur le point de criminaliser l’opulence.

Jean-Philippe Cipriani sur Twitter

03/05/2013

Maire Académie

Un billet de Martin Bisaillon

Cette semaine la Chambre de commerce du Montréal métropolitain y est allée d’une proposition inusitée qui est passée un peu inaperçue en raison des déclarations hallucinantes de l’organisateur politique Gilles Cloutier devant la Commission Charbonneau.

En bref, l’organisme a fait savoir qu’il recherchait un maire pour Montréal, sous la forme d’une offre d’emploi que je vous invite à consulter attentivement.

«Le poste à pourvoir comporte un contexte de redressement particulièrement exigeant. La personne qui l’obtiendra se démarquera par sa détermination à toute épreuve, son intégrité, son leadership, et sa capacité de gestion», peut-on lire sur le site web de la Chambre.

Ce cri d’alarme devant les candidats déclarés ou pressentis est assez révélateur de l’anxiété de la Chambre de commerce en ce qui concerne le quatre prochaines années. Mais cette petite provocation permet d’entamer une réflexion qui, à mon sens, est tout à fait pertinente car ces inquiétudes, je les partage.

Aussi à six mois des élections, il est opportun de définir quelle genre d’équipe nous voulons pour redresser la métropole.

DeuxmairesJusque à présent, trois choix s’offrent aux électeurs montréalais. Il convient de décrire grosso modo les types de personnalité qui tenteront de séduire l’électorat.

Denis Coderre : un genre de maire Labaume qui pourrait promouvoir des grands projets, comme le retour des Expos, un événement sportif international d’envergure, etc. Quelqu’un qui dit les «vraies affaires», qui n’hésite pas à s’appuyer sur l’opinion publique pour établir des rapports de force avec les employés et élus des arrondissements.

Le réformiste écologiste Richard Bergeron qui n’hésitera pas à transformer la ville pour la rendre plus verte, plus électrifiée dans ses transports. Une personne qui n’a pas peur de choquer l’establishment économique et commercial pour imposer des mesures qu’il croit juste, comme le fait le maire Ferrandez dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal.

Louise Harel, la politicienne suave et déterminée. Apparatchik du PQ pendant longtemps, femme de caractère qui sait imposer ses vues avec un ton doucereux et qui croit pouvoir former la majorité au conseil malgré sa mauvaise réputation dans les milieux anglophones.

Ce sont pour le moment les choix qui s’offrent à nous. Voyez-vous dans l’une de ces trois personnes quelqu’un qui peut sauver Montréal? Moi non.

En fait l’initiative de la Chambre de commerce fait écho à ce désarroi. Cette prise de position n’est pas inopinée. Elle nous révèle à quel point Montréal est dans le trouble, pour ne pas dire dans la m****. 

Martin Bisaillon sur Twitter

24/04/2013

L'industrie du complot

Boston-cercle

Un billet de Jean-Philippe Cipriani

Outre la démesure médiatique que l’on sait, l’attentat de Boston a aussi fait l’objet d’un phénomène de plus en plus courant et dangereux, soit l’apparition presque immédiate de théories du complot.

La fumée des explosions s’était à peine dissipée que des sites voyaient déjà la CIA derrière les attaques. Dès le lendemain de la chasse à l’homme, d’autres conspirationnistes pourfendaient la version des autorités, identifiant des «mercenaires» et autres suspects portant des sacs à dos noirs dans les photos de la foule.

Ailleurs, d’autres sites avançaient que l’explosion de l’usine d’engrais chimique au Texas résultait d’un tir de missile. Of course!

Les théories du complot ne sont pas nouvelles. L’assassinat de Kennedy a fait l’objet d’innombrables théories impliquant tantôt la CIA, l’URSS, la mafia et Cuba. On ne compte le nombre de journalistes – plusieurs Français, d’ailleurs – affirmant connaître LA vérité.

Il en va de même pour le 11 septembre 2001, où des montages montrant de soi-disant preuves de l’implication du gouvernement ont été vus des centaines de milliers de fois, forçant les autorités à désamorcer certaines théories.

Sur YouTube, des conspirationnistes affirment même sans rire qu’aucun avion ne s’est écrasé sur les tours du World Trade Center! Cela part de la prémisse assez courte que l’administration Bush ayant profité des attentats pour définir sa politique étrangère, elle est nécessairement responsable des attaques. Courte vue.

(Pssst... Vous l’apprendrez ici, l’être humain possède cette fâcheuse caractéristique d’ouvrir sa trappe. Pour être efficace, un complot doit donc rester le plus secret possible. Alors mobiliser un état-major pour assassiner Kennedy ou embaucher des dizaines d’artificiers pour installer des explosifs aux étages du World Trade Center, oubliez ça.)

À l’époque de Kennedy, le questionnement avait le mérite de percoler plusieurs années, le temps permettant de questionner le probable de l’impossible. Même pour le 11 septembre, l’absence de réseaux sociaux a laissé un certain temps avant que les idées les plus farfelues apparaissent.

Ce n’est plus vrai maintenant. Le complot carbure à l’instantanéité, aux photos plus ou moins authentiques. Une véritable industrie du complot, des mensonges alimentés sans scrupules par des fabulateurs avides de publicité qui s’appuient sur l’ignorance populaire.

Et ce que je trouve inquiétant, c’est que des amis que je considère pourtant très sensés aient relayé ces soi-disant infos brûlantes comme des vérités, la semaine dernière. Sans réfléchir. Sans vérifier. Pris dans la soudaine vague de déraison.

On dit parfois qu’une foule a l’âge mental d’un enfant de sept ans. En période d’ébullition, les réseaux sociaux semblent aussi faire reculer le bon sens de plusieurs années. Notre analyse n’est plus le fruit de la réflexion, mais celui de nos inflexions. Une volonté aveugle de voir son point de vue validé par les événements.

Rappelez-vous ce grandiose dérapage de l’an dernier, la photo de ce manifestant prétendûment dans le coma après avoir été frappé presque à mort par les policiers... tandis qu’il se trouvait tranquille chez lui.

Pour autant, la pierre n’est pas seulement pour ces inconscients trop rapides sur le clic. Cette soif du complot ourdi par les puissants traduit une méfiance profonde et grandissante face aux autorités et à nos dirigeants. Et force est de constater qu’ils y ont allègrement contribué.

L’opacité des négociations des grands traités internationaux, la langue de bois inventée par les relationnistes professionnels, la clique de corrompus qui défile dans les commissions d’enquête, les nominations d’amis du régime à des salaires en décalage complet avec la population... Vous avez envie, vous, de faire confiance?

La transparence n’est plus qu’un thème de discours. Ce sentiment que tout se passe au-dessus de nos têtes alimente ces théories du complot. L’ignorance entraîne nécessairement la méfiance et l’incrédulité.

Dans une ère de communication numérique, un grand exercice de transparence s’impose de la part de nos dirigeants. On appelle aussi cela l’imputabilité.

Mon ancien collègue Jean-Hugues Roy emprunte la bonne formule pour le décrire dans cet article sur la transparence du gouvernement : passer «d’une culture du secret par défaut, ouverte par nécessité» à celle d’une «culture ouverte par défaut, secrète par nécessité».

Cette nécessité qui, actuellement, semble encore être la mère de tous les vices...

Jean-Philippe Cipriani sur Twitter

Les Libéraux de retour ?

Un billet de Martin Bisaillon

Le sondage Crop-La Presse paru cette semaine devrait inquiéter la première ministre Pauline Marois et son entourage. 

Selon cette étude, 38% des Québécois seraient prêts à faire confiance à Philippe Couillard si un scrutin avait eu lieu en avril. C’est énorme si l’on tient compte de l’offre politique au Québec où deux petits partis grugent des suffrages surtout au PQ. 

Pis encore pour les péquistes, le taux d’insatisfaction à l’endroit du gouvernement  est de 65%. En termes de suffrage, madame Marois aurait récolté un petit 25 % si des élections avaient eu lieu la semaine passée. En mars 2007, André Boisclair avait récolté 28,3% des votes ce qui l’avait éjecté du PQ illico. Maintenant à New York grâce à Pauline Marois l’ironie est qu’il pourrait encore perdre son emploi à cause d’une défaite péquiste…

À quoi attribuer ce qui s’apparente à une sérieuse déconfiture ? Plusieurs facteurs expliquent l’impopularité du gouvernement actuel. Il est vrai que madame Marois s’est donné des cibles
ambitieuses pour atteindre l’équilibre budgétaire. L’atteinte de ces objectifs à tout prix a heurté la clientèle habituelle du Parti québécois. Je pense à l’augmentation pressentie des tarifs des garderies, aux coupures dans les commissions scolaires qui seront refilés aux contribuables, aux coupures en
santé, en recherche et dans l’éducation supérieure, etc.  

Ces mesures, peut-être nobles d’un point de vue financier, n’en demeurent pas moins impopulaires. Pourquoi ? Parce qu’elles ne sont pas accompagnées d’une vision du développement économique du
Québec. Qu’advient-il du Plan nord ou de la prospection de pétrole sur l’Île d’Anticosti ? Qu’est-ce qui créera de la richesse consolidera l’avenir de nos enfants ? Rien n'émane de ce gouvernement en termes de projet de société ancré dans le réel.  

Ce n’est pas en faisant des capsules web pour dire que la souveraineté nous rendra plus riche que madame Marois va ramener vers elle ceux qui se sont désormais tournés vers la Coalition avenir Québec, Option nationale ou Québec solidaire. Au contraire, ce discours semble vide de
sens, voir dérisoire. En ce qui a trait au renforcement de la loi 101 via le projet de loi 14, ce n’est que de la poudre aux yeux aux limites de l’intolérance envers nos concitoyens de la minorité anglophone. Rien pour ramener des électeurs dans le giron péquiste. Nous ne sommes plus en 1970.

Quant aux nominations partisanes successives et maladroites, elles ont été accueillies avec mépris et dérision dans la population.  

Il est vrai que les médias ont été durs avec le gouvernement actuel. Il faut dire que les multiples maladresses et tergiversations du début de mandat ont donné une image brinquebalante des
péquistes. Celle-ci n’est toujours pas atténuée à l’heure où j’écris ces lignes malgré la solidité des Pierre Duchesne, Sylvain Gaudreault ou Stéphane Bergeron. Mais quels sont les bons coups de ce gouvernement ? 

La question que doivent se poser les dirigeants du Parti Québécois aujourd’hui est comment se mettre en phase avec la société actuelle. S’ils n’y parviennent pas rapidement, Philippe Couillard sera premier ministre majoritaire avant longtemps et le PQ se cherchera encore un nouveau chef.

Martin Bisaillon sur Twitter

19/04/2013

Pauvre Montréal

Un billet de Martin Bisaillon

À la Commission Charbonneau ces derniers jours, l’ancien président du comité exécutif de la ville, Frank Zampino a affirmé n’avoir rien fait de mal dans la collusion érigée en système à Montréal.

La semaine prochaine ce sera le tour de l’ancien maire Tremblay, dont l’administration sera à jamais entachée par la corruption. Lui aussi plaidera l’innocence, voir l’incompétence pour se disculper.

La Commission Charbonneau est-elle en train de nous faire oublier qu’on devra voter en novembre pour savoir qui redressera la ville ?

Mine de rien, les élections sont dans moins de sept mois à Montréal.  Il me semble cependant qu’on ne parle pas encore assez de l’avenir de la métropole pour les quatre prochaines années.  

Qui se lève à l’heure actuelle pour donner un sens à l’avenir de la ville ? Louise Harel ? Elle ne sera pas élue à la mairie. On a oublié de lui dire que jamais elle n’obtiendra les suffrages dans les arrondissements encore sous le choc des fusions qu’elle a imposées quand elle était ministre des Affaires municipales en 2002. Qui d’autre ? Denis Coderre ? Il se fait attendre.

Rien de bien emballant à l’heure actuelle si vous voulez mon avis. 

Pourtant Montréal est une ville fantastique dont les quartiers diversifiés sont d’une grande richesse. Ville culturelle où il fait bon habiter, elle ne mérite pas ce qui lui arrive. Pour autant faut-il attendre un sauveur ? 

Mais qui veut diriger cette ville ingouvernable qui compte en tout 103 élus (il y en a 125 pour tout le Québec)? Il faut une bonne dose de confiance et d’idéalisme pour pouvoir s’imaginer contrôler les arrondissements et la ville centre.

Il est absurde de voir à quel point Montréal manque de cohésion. Il suffit de descendre d'Ahuntsic au Vieux-Montréal après une tempête de neige pour voir à quel point les arrondissements ne coordonnent pas leur déneigement.

Même chose pour les horaires des piscines, arénas et autres lieux de loisirs. Il est maintenant clair que les pouvoirs conférés aux arrondissements, via leur mairie, constituent des entraves à la bonne marche de la Métropole.

Si je me présentais à la mairie de Montréal, voici ce que je ferais. Le premier jour de ma campagne, je déclarerais que mon premier téléphone après ma victoire serait pour la première ministre. Je demanderais à Mme Marois de modifier la Charte de la ville de Montréal pour abolir les mairies d’arrondissement et leurs conseils. Entre deux nominations partisanes loufoques, voilà qui serait (enfin) quelque chose d’utile de la part du gouvernement péquiste.

Car si Montréal était gouvernable dans les faits, peut-être n’aurions-nous pas eu les scandales qui nous affligent et surtout, la campagne électorale qui s’annonce mettrait en scène des représentants dynamiques de forces vives de notre société.

Malheureusement ce n’est pas encore le cas.

Martin Bisaillon sur Twitter

La loi du mort-kilomètre

Un billet de Jean-Philippe Cipriani

Nous regardons les images en boucle de l’attentat de Boston. Un peu voyeurs, espérant le bon angle, voir l’explosion, entendre les cris. Les journaux font leur une de membres éclatés et sanguinolents sous prétexte de « montrer toute l’horreur et la violence ».

Des joggeurs se sentent soudain interpellés en tant que communauté, se saluent dans les parcs, comme s’ils venaient tous d’échapper à l’horreur. Ils iront courir ensemble un dimanche par solidarité bien éphémère.

Le principe journalistique implacable de la mort-kilomètre : médiatiquement, quelques victimes ici valent davantage que plusieurs morts là-bas. Le jour de l’attentat de Boston, une soixantaine de personnes ont péri dans deux attentats en Irak, une trentaine d’autres en Afghanistan.

Ces victimes ne font pas le poids. Parce qu’on doit s’attendre à mourir en Irak. Parce qu’il y a des violences tous les jours en Afghanistan. Parce qu’ils sont loin, et ne sont pas Occidentaux. Parce qu’il n’y a plus de correspondant, le sujet n’étant plus à la mode.

Personne n’ira courir pour eux.

**

La terreur qui nous assaille efface la terreur que nous semons. Prenez cet article paru dans le New York Times il y a quelques semaines.

C’est une chronique de la violence ordinaire en Afghanistan. Mais plus insidieuse. Devant les combats menés notamment par le Canada dans des régions éloignées, des milliers d’Afghans ont migré vers Kaboul, en quête de sécurité et de travail.

Dans le camp de Charahi Qambar, 900 familles proviennent des zones de guerre. Taj Mohammad y vit avec sa femme et ses enfants.

Problème, il a emprunté 2500 $ au fil de l’année afin de payer les frais médicaux de sa famille. L’un de ses enfants, Janan, est quand même mort de froid l’hiver dernier parce que la famille n’avait pas assez d’argent pour se payer du bois de chauffage.

Il avait trois ans. La violence ordinaire, je vous disais.

M. Mohammad ne sait pas comment rembourser les 2500 $. Il gagnait autrefois bien sa vie comme musicien dans la province d’Helmand – là où combattaient les soldats canadiens. Maintenant dans ce camp, en périphérie de Kaboul, ses compétences ne valent rien. Il n’a pas de qualifications pour un des rares emplois en ville.

Les « sages » du camp se chargent de trouver une solution. Il va donner sa fille de 6 ans pour payer sa dette.

Elle s’appelle Naghma, ce qui veut dire « mélodie ». Sa vie vaut donc 2500 $. Elle sera forcée d’épouser le fils du prêteur, âgé de 17 ans. Elle deviendra au mieux la servante de sa nouvelle famille, au pire une esclave, un appât pour attirer une seconde épouse.

Ce scénario, il se vit régulièrement en Afghanistan depuis la chute des talibans. Des trafiquants de drogue criblés de dettes qui donnent leur fille ou leur sœur pour effacer l’ardoise.

L’illustration d’un mal plus grand. Avec la guerre, les assises sociales se sont érodées, le filet communautaire qui soutenait les Afghans des régions rurales a disparu. Les femmes et les filles sont les premières victimes.

Ça n’ira pas mieux, puisque les programmes d’aide internationale dans les camps sont coupés en même temps que les troupes occidentales se retirent. Assez de donner de l’argent aux écoles qui fournissaient au moins un repas sain par jour dans les camps. Vous savez, les finances de l’Europe et des États-Unis sont tellement précaires...

Ce n’est pas le gouvernement afghan qui va s’en plaindre : il souhaite que les réfugiés, qui vivent dans une pauvreté abjecte, retournent dans les régions éloignées. Malgré l’insécurité et l’absence de travail.

M. Mohammad a été chanceux. Son histoire, médiatisée, a incité un mécène anonyme à payer sa dette. Il n’est pas dit qu’il n’aura pas à s'endetter à nouveau. Mais pour l’instant, Naghma reste avec lui.

Il songe à retourner à Helmand, mais pas comme musicien. Il ira travailler dans les champs de pavot qui font la richesse de la région avec le trafic d’opium. Mais ça, c’est un autre problème.

Pour son histoire qui se termine bien, combien de petites filles vendues? Nous qui sommes allés en Afghanistan à grand renfort de propagande, pour « gagner les cœurs » et permettre aux petites filles d'aller à l’école... Que reste-t-il des beaux discours?

Jean-Philippe Cipriani sur Twitter

18/04/2013

Justin Trudeau, la Constitution de 1982 et le leadership

Un billet de Martin Bisaillon

Trudeau2 L’élection de Justin Trudeau à la tête du PLC, suivie immédiatement par une campagne de salissage des conservateurs en dit long sur ceux qui forment la majorité à la Chambre des communes. D’aucuns estiment que cette stratégie qui consiste à lancer de la boue à ses adversaires va se retourner contre le gouvernement Harper. Je n’en suis malheureusement pas si certain. Les idées et les visions manquent à Ottawa depuis si longtemps et on dirait que les positions politiques des Canadiens sont bien campées. Ce pays est bien plus divisé qu’il n’y paraît.

N’empêche, l’arrivée de celui qui a vaincu à la boxe le triste sénateur conservateur Patrick Brazeau promet d’activer la scène politique fédérale. Pour le mieux ? Je le souhaite vivement. Voyons ce que Justin Trudeau a dans le ventre. On le dit peu expérimenté et flamboyant. S’il réussit à bien s’entourer et à écouter ses conseillers, il pourrait surprendre.

Après tout, le leadership c’est bien davantage qu’un diplôme en droit ou en économie accompagné d’une carrière ascendante. C’est la capacité à porter une vision unificatrice qui rallie une formation politique et ensuite l’ensemble de la population. On peut s’attendre à de l’action au fédéral d’ici la prochaine élection et ce sera sain pour notre vie démocratique.

Premier écueil : 1982

Justement, on a dit que Justin Trudeau a trébuché lorsqu’il a commenté les révélations de Frédéric Bastien à propos du rapatriement de la Constitution dans son ouvrage La bataille de Londres. Voir l’excellent billet de mon collègue Jean-Philippe Cipriani à ce sujet.

Trudeau a affirmé que le PQ –souverainiste- ne voulait pas signer la Constitution en 1982. Il a raison. Tous ceux qui se sont penchés sur cet épisode de notre histoire savent à quel point René Lévesque a tenté d’empêcher Pierre Elliott Trudeau de réaliser son objectif, quitte à faire des alliances étranges avec d’autres provinces, à renoncer au droit de veto coutumier du Québec ou à proposer un référendum pancanadien sur la Charte des droits.

À Londres, le délégué général du Québec, Gilles Loiselle, était réputé pour inviter les parlementaires britanniques à de somptueux soupers afin de les convaincre de bloquer le rapatriement : une diplomatie culinaire en somme.

La réalité crue est que René Lévesque s’est fait rouler dans la farine en novembre 1981. Conseillé par Claude Morin, son ministre des affaires intergouvernementales qui avait été à la solde de la GRC, il s’est présenté à Ottawa complètement dépourvu. Cet épisode foireux de notre histoire est central dans la thèse que j’ai développée dans mon livre Le Perdant, paru en 2004 aux Intouchables.

Ce que Justin Trudeau omet de mentionner, c'est que jamais Claude Ryan, alors chef du PLQ –fédéraliste-, n’aurait signé pareil document. J’ai eu la chance de passer beaucoup de temps avec monsieur Ryan autrefois et je peux vous affirmer que s’il avait été premier ministre du Québec en 1981-82, le Québec n’aurait pas paraphé la Constitution. En fait, je crois qu’il aurait embêté davantage les Trudeau, Lalonde et Chrétien que le tandem faible Lévesque-Morin.

Aucun premier ministre québécois ne signera la Constitution en l’état actuel. C’est un vrai problème qui est central dans la définition des forces politiques au Québec, tant au fédéral qu’au provincial.

Par conséquent, j’estime que Justin Trudeau se trompe en disant qu’il ne faut pas ouvrir les archives canadiennes afin d’y voir ce qu’elles contiennent au sujet de cet épisode toujours aussi épineux de notre histoire nationale.

On y confirmerait probablement les tribulations du juge Bora Laskin, qui selon la thèse développée par Frédéric Bastien, preuves archivistiques britanniques à l’appui, a communiqué aux politiques certains éléments des conversations des membres de la Cour suprême du Canada à propos de la légalité constitutionnelle du rapatriement assorti d’une Charte des droits. Cela est contraire à la séparation de l’exécutif et du judiciaire, une faute inexcusable, mais qui ne remet pas en cause le rapatriement.

Justin Trudeau doit comprendre qu’un vrai chef politique doit tenir compte de l’Histoire. Il ne peut faire l’impasse sur le passé, même s’il craint de raviver de « vieilles chicanes », comme il le dit. C’est aussi ça le leadership.

Photo: Justin Trudeau - © La Presse Canadienne

Martin Bisaillon sur Twitter

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Notre Équipe

Jean-Philippe CiprianiJean-Philippe Cipriani

Jean-Philippe Cipriani est chroniqueur littéraire à la radio de Radio-Canada. Il a été journaliste à la télévision, à la radio et au web de Radio-Canada pendant plus de 10 ans, affecté notamment à l’économie, aux sports et aux nouvelles générales. À Télé-Québec, il a été scénariste pour la série documentaire Au nom du sport et journaliste à l’émission Le droit de savoir. Il a aussi été chef des nouvelles au Huffington Post Québec.


Martin BisaillonMartin Bisaillon

Martin Bisaillon détient une maîtrise en histoire portant sur la Révolte de Cronstadt. Il a été professeur avant de se tourner vers le journalisme. Après avoir été recherchiste à la SRC, notamment à Zone Libre, il a oeuvré comme pigiste et écrit quatre livres dont les best sellers «Le Perdant» et «L'Infiltrateur». Entré au Journal de Montréal en 2005, il y a fait de la nouvelle générale et des faits divers avant d'obtenir un poste permanent à la section économique où il s’est spécialisé dans les grands dossiers. Il a ensuite participé au site web RueFrontenac.com à titre de journaliste économique et critique de cinéma. Son dernier scoop portait sur le contrat du renouvellement des wagons du métro de Montréal. Après un bref passage en politique, il travaille présentement en production télévision, chez Aetios. Les opinions qu'il émet sur ce blogue n'engagent que lui.


Feifei Chiang

Chinoise, Québécoise, Pékinoise, Montréalaise, Canadienne, étudiante à la maîtrise en communications à l'université Northwestern de Chicago, Feifei Chiang passe son temps à apprendre, à questionner, à contester et à être contestée. Elle se passionne pour l'actualité sous toutes ses formes.



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