04/02/2010

Du bon journalisme

Du bon journalisme, c’est ça.  Étant donné que je suis quelqu’un qui croit bien davantage aux individus qu’aux titres ou aux institutions (qui dépendent des individus qui les portent/représentent), je serais porté à dire que nous pourrions, dans les faits, nous doter d’une nouvelle devise au Québec.

Je sais, c’est peut-être bousculer un peu les procédures et l’ordre établi, mais au point où nous sommes rendus, je crois que ça ne dérange pas tant que ça. 

Alors allons-y!  Je propose : “In Pierre Duchesne we trust.”  Sur les plaques, sur la monnaie, sur les panneaux d’autoroutes, partout.  Vous savez, on vit dans une société qui ne croît plus en grand-chose…  Pierre Duchesne, dans ce cas, est un exemple.  S’il est tellement convaincu de sa propre importance, je vois en lui un exemple de foi en quelque chose de plus grand; un exemple de foi en quelque chose qui nous dépasse. 

Vous savez, comme une farce qu’on ne pige pas?

01/02/2010

L'image qui parle

Simple petite observation.  La ville de Québec dépense des milliers de dollars pour se dénicher une nouvelle image de marque.  C’est bon, bonne idée.   Je suis vraiment pour engager des experts qui sont en mesure de trouver quoi dire et comment; ils peuvent venir de je ne sais où, ils peuvent rester quelques mois, ils peuvent facturer, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent.

L’affaire, c’est que la nouvelle image de marque de Québec, Loco Locass l’a étalée en long et en large dans Hymne à Québec.  C’est déjà fait, monsieur.  « Capitale septentrionale, bijou boréal des trois Amériques! »   C’est beau monsieur, n’importe quelle déclinaison de cela que vous ferez vient de la tête des gars de Loco Locass.  J’imagine que les droits de la chanson appartiennent à Québecor, qui a la manie de faire signer des cessions de droits pour l’ensemble des univers connus et à découvrir, mais les gars pourraient vendre des bouts de phrases! 

« 400 ans, sur le Cap Diamant, porte ouverte sur le continent » - Comme dirait Benoît Brunet : « S’il saurait, Pierre » « Wow! »

29/01/2010

La rivière média

Les médias sont habitués de rapporter la réalité des autres.  Lorsque cette réalité rattrape les médias, ces derniers semblent avoir tendance à soudainement prendre conscience du paradoxe qu’ils entretiennent.  Au centre de l’action mais en y étant détachés, les histoires humaines deviennent alors beaucoup trop vraies pour les décrire comme s’il s’agissait de n’importe quel autre sujet.  On pourrait probablement appeler ça de l’hypocrisie; du moins dans une certaine mesure.

J’écris ceci parce que la grande région de Montréal perd AM940 et Info690 aujourd’hui.  Les switchs sont à off.  Terminé.  Je comprends que les entreprises se doivent de s’adapter aux réalités économiques, aussi difficiles soient-elles.  Ce que je comprends, aussi, est que dans le cas d’Info690, une autre source à laquelle s’abreuver est maintenant à sec. 

Les histoires humaines sont celles de gens comme vous et moi, parfois même des couples, qui perdent soudainement leur boulot du jour au lendemain.  Des gens qui continuent à avoir des obligations, mais qui devront les affronter différemment.  Faut avoir perdu son emploi pour comprendre à quel point ça peut bouleverser une vie. 

Nous sommes déjà rendus dans le futur, mais certaines choses ne changent pas, n’est-ce pas? 

« Ça coûte cher de c'te temps ici, pour se nourrir à crédit :
Faut pas que ça monte à la grocery, je me tape aussi les biscuits.
Mais j'peux pas faire de l'extra, mon p'tit mari travaille pas
À force de me priver d'manger, j'ai l'estomac ratatiné. »

Vite appelez Roy Dupuis.  Nos belles rivières d’informations s’assèchent. 

28/01/2010

Obama et le rêve

Je regardais le discours de l’état de l’union du Président Obama hier soir et je remarquais la division entre républicains et démocrates lorsque venait le moment d’applaudir.  M. Obama a fait campagne sur le thème du changement, changement nécessaire après les années gênantes de George W. Bush.  Je suis d’avis qu’avoir été américain, j’aurais tout fait pour oublier le règne W. 

Je retiens que les troupes de combat devraient être sorties de l’Irak d’ici le mois d’août.  De cette année. 

Je regardais le discours de l’état de l’union du Président Obama hier soir et je remarquais la division entre républicains et démocrates lorsque venait le moment d’applaudir.  M. Obama a fait campagne sur le thème du changement, changement nécessaire après les années gênantes de George W. Bush.  Je suis d’avis qu’avoir été américain, j’aurais tout fait pour oublier le règne W. 

Je retiens que les troupes de combat devraient être sorties de l’Irak d’ici le mois d’août.  De cette année.  Grosse commande, gros engagement, et on tentera de s’en souvenir sur le bord de la piscine.

Je retiens que les troupes en Afghanistan devraient commencer à se retirer au milieu de 2011, moment où les Afghans devraient s’être « responsabilisés. »

Je retiens que parler de « full employment » à ce moment-ci semble utopiste, mais Obama et le rêve, c’est synonyme.

Je retiens que de dire qu’il ne faut pas punir les banques est une bonne idée.

Je retiens que d’annoncer un gel de dépenses est populaire, mais finalement vide de sens lorsqu’on considère que les dépenses reliées à la sécurité nationale, aux programmes Medicare et Medicaid et à la sécurité sociale ne seront pas touchés.  Gel comme dans slush, pas comme dans glace.

Vous pourrez revoir le discours du Président ici ou si vous préférez lire, une transcription du discours de M. Obama est disponible ici.  

Grosse commande, gros engagement, et on tentera de s’en souvenir sur le bord de la piscine.

Je retiens que les troupes en Afghanistan devraient commencer à se retirer au milieu de 2011, moment où les Afghans devraient s’être « responsabilisés. »

Je retiens que parler de « full employment » à ce moment-ci semble utopiste, mais Obama et le rêve, c’est synonyme.

Je retiens que de dire qu’il ne faut pas punir les banques est une bonne idée.

Je retiens que d’annoncer un gel de dépenses est populaire, mais finalement vide de sens lorsqu’on considère que les dépenses reliées à la sécurité nationale, aux programmes Medicare et Medicaid et à la sécurité sociale ne seront pas touchés.  Gel comme dans slush, pas comme dans glace.

Vous pourrez revoir le discours du Président ici ou si vous préférez lire, une transcription du discours de M. Obama est disponible ici.  

26/01/2010

Espoir et contradiction

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Forte présence policière hier au centre-ville de Montréal entourant cette grande rencontre internationale visant à jeter les bases de la reconstruction internationale d’Haïti.  Ce que je trouve impressionnant, c’est la ligne de communication qui dit que les efforts de reconstruction seront faits en accord avec la souveraineté d’Haïti.  Suis-je le seul à voir dans cette ligne de communication une sorte de contradiction?  Un peu comme dire : « Regarde, là-bas, le nain géant! »

 Je souhaite qu’il puisse y avoir une réelle coopération internationale couplée à une prise en charge nationale dans le cas d’Haïti.  Le temps nous dira si les belles promesses n’auront été que de belles paroles ou si les actes auront suivis les engagements.  Je l’espère de tout cœur. 

À lire et voir les reportages de journalistes sur le terrain, je me désole de voir que l’aide n’est pas encore arrivée où elle doit être, et que les miséreux se multiplient, si c’est possible.  Est-ce que nos systèmes actuels peuvent réellement répondre à de telles catastrophes dans des délais raisonnables?  Je crois en la bonne volonté de tous les intervenants impliqués dans les secours en Haïti.  Mais quel chaos, quelle confusion.  Réellement troublant.  Courage.

*

Je lisais l’entrevue avec Michael Sabia, le PDG de Caisse de dépôt et placement, dans la Presse d’aujourd’hui.  Il dit vouloir retrouver la confiance des québécois.  Beau projet et surtout, nécessaire.  Après la débâcle financière qu’on a connue, gardons-donc ça simple.  Si vous êtes un décideur qui place l’argent des « gens », essayez au moins de lire les petits caractères au bas des contrats liés aux véhicules financiers « exotiques ».

Parce que l’exotisme, c’est beau jusqu’à ce qu’il y ait un raz-de-marée qui détruise la plage ET le resort.

22/01/2010

L'air du temps

J’ai failli m’étouffer en lisant La Presse ce matin.  Le titre de l’article était « Révolution dans la loi électorale américaine ».   Je me suis dit : ouh là, une révolution.   C’est quelque chose!

Finalement, d’après ce que je comprends, c’est une révolution de 360 degrés.  Une révolution à la Anderson Cooper, ou à la Mario Dumont, selon vos préférences. 

D’un état de corporatisme ambiant à l’odeur plus ou moins fraîche, on passe à… un corporatisme ambiant à l’odeur plus ou moins fraîche, mais au moins, approuvé par la Cour Suprême.  Des bonnes nouvelles, qu’on dit.

*

Nous vivrons un moment « historique » ce soir vendredi alors que presque tous les médias d’ici diffuseront le spectacle « Ensemble pour Haïti ».  TVA, Rad-Can, Télé-Québec, V, LCN, MusiquePlus, Musimax, TV5, Espace Musique, les stations francophones de Corus, les trois réseaux d’Astral et la radio CPAM.  Les médias sociaux seront aussi de la partie avec Facebook et Twitter.  Je trouve impressionnante cette solidarité médiatique.  Comme quoi lorsqu’on veut, on peut.   Chapeau aux différents diffuseurs partenaires et bon spectacle aux artistes présents.

*

Stephen Harper est au pouvoir depuis quatre ans.  Déjà!  De gouvernement minoritaire en gouvernement minoritaire, il vogue.  Est-ce que c’est bon ou mauvais signe que j’aie l’impression qu’il est là depuis BEAUCOUP plus longtemps?

21/01/2010

À ne rien comprendre!

Les groupes sociaux ont été laissés à eux-mêmes, à se les congeler dans la rue, à l’extérieur de la « grande » rencontre Québecoise sur l’avenir avec un grand A à Lévis.  Je ne sais plus comment interpréter le dialogue mis de l’avant par le Premier Ministre Charest.  J’écoute ce qu’il dit, je comprends les mots qui sortent de sa bouche, je pige même le contexte extraordinaire de la crise économique mondiale qui a engendré tout ce spectacle de concertation.  Mon problème se situe au niveau de la confiance. 

J’écoutais Jean Lapierre commenter cette première journée de rencontre hier soir sur les ondes de TVA.  Il a mis en lumière cette fâcheuse apparence de manque de leadership du gouvernement.  Qui donc saura incarner ce leadership?  Qui donc saura incarner un leadership dans lequel on croit?  Jean Charest?  Au risque de me répéter, mon problème se situe au niveau de la confiance. 

La classe politique se doit de monter la barre, de hausser le niveau du dialogue avec les citoyens.  Ce n’est pas en se cachant derrière des portes barrées à double-tour qu’on me fera croire que le gouvernement est en mode écoute.  Ou plutôt, puisque tout est bien davantage nuancé que l’on voudrait croire, je dirais que c’est en se cachant derrière des portes barrées à double-tour que le gouvernement démontre très clairement qu’il écoute ceux qu’il veut bien écouter.  Une stratégie qui divise et qui éloigne les protagonistes aux vues opposées.  Peut-être que certaines scènes plus ou moins glorieuses de la commission Bouchard-Taylor reviennent à l’esprit lorsque l’on pense à laisser la parole aux « simples » citoyens.

Message à nos dirigeants : parlez-nous pour que l’on puisse vous croire.  S’il-vous-plaît. 

*

Parlant de ne pas croire, je lisais dans le journal qu’Hugo Chavez soupçonnait Washington d’être directement responsable du séisme en Haïti.  Arme secrète, tremblements de terres.  Jack Bauer tant qu’à y être.

Ouf, j’ai un sérieux mal de tête.

19/01/2010

Le bonheur dans 20 ans

Hier à Larry King Live, Ashley Judd a fait la démonstration d’un produit.  Vous pouvez voir la chose en action ici.  Si ce produit existe et qu’il est fonctionnel, qu’est-ce que ça prend, au juste, pour en envoyer des caisses et des caisses à Haïti?  Et ailleurs, par le fait même.  C’est de la volonté qu’il faut..!

Et en passant, la plupart de vos commentaires sont bourrés de solidarité.  C’est beau l’humain, souvent.

Au sujet de la conférence qui aura lieu à Montréal, souhaitons un surplus de bonne volonté et une abondance de résultats.  

*

Bon sommet!  Bon forum!  Bonne journée! 

J’ai très hâte de prendre connaissance des conclusions qui sortiront de la rencontre de Lévis, cette semaine.  Parce que moi, franchement, c’est vrai que c’est un plan de vingt ans qu’il me faut.  J’aime beaucoup les plans de vingt ans parce ça ne fait que m’engager mollement aujourd’hui.  C’est plus tard que ça va compter.  Mon plan de vingt ans?  Être heureux.  Quoi?  Qu’est-ce que je fais aujourd’hui pour mettre en place mon bonheur dans vingt ans?  Ah ça, je garde ça pour moi pour tout de suite.  Pas parce que je ne veux pas partager comme si c’était secret, mais plutôt parce que je ne suis pas encore rendu dans les actions heureuses.  Il me reste encore quelques malheurs à vivre, alors je reste discret.  Mais dans vingt ans, vous allez voir, ça va être quelque chose.  Comme diraient les américains : « ah, government ».

14/01/2010

Et après, on fait quoi?

Lorsqu’Oncle Sam se lève, ça fait de l’ombre.  Dans ce cas d’aide à Haïti, voici une des fois où l’ombre projetée par le géant américain ne gênera personne.  J’écoutais le Président Obama parler de l’importance de sortir les citoyens américains d’Haïti en priorité.  C’est une évidence, mais souhaitons toutefois que la solidarité et l’aide ne se heurtera pas aux « limites institutionnelles ».

Un petit mot sur la chronique de Richard Martineau dans le Journal de Montréal d’aujourd’hui.  M. Martineau, je comprends la méthode d’écrire des choses « choquantes » pour vendre du papier.  Je comprends aussi l’incroyable défi que représente écrire une chronique avec une telle régularité.  Ce qui me dépasse, c’est cette propension à utiliser chaque raccourci possible pour… pour quoi?  Remplir de l’espace?

J’aime bien la caricature.  C’est simple, c’est imagé, et on pige vite le message.  Mais un peu de fond, un peu de substance, est-ce trop demander?  J’ai de vieux parents qui vous lisent et qui trouvent que vous avez « don’ raison », M. Martineau.  Une fois qu’on s’est outrés, on fait quoi?

Exprimer sa solidarité

Haiti_earthquake_AFP_180C’est malheureusement trop souvent via Haïti qu’on se rappelle l’importance du vivre ensemble et de la solidarité.  Les manchettes sont remplies de mots très durs, sans équivoque.  Comme à l’habitude, la radio haïtienne CPAM est à l’avant-scène pour aider à informer.  Salutations à toute l’équipe, qui doit travailler d’arrache-pied depuis le terrible séisme.  Courage à nos frères et sœurs.

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Notre Équipe

Frédérick BertrandFrédérick Bertrand

Frédérick Bertrand est journaliste, animateur de radio, troubadour, saltimbanque et épicurien. Grand consommateur d’actualités il vous livre ses impressions, ses opinions et sa vision de la nouvelle tout en décelant les failles occultées par les médias traditionnels !