26/02/2010

Faire fondre la glace

De grâce, ne le dites à personne.  Je suis le genre à devenir émotif devant une démonstration de courage et de force.  Hier, la prestation de Joannie m’a donné des frissons.  Je me permets d’écrire « Joannie » parce que depuis un bon moment déjà, nous l’avons adoptée.  Elle est entrée dans nos cœurs, cette jeune femme! 

Comme je disais, gardez-ça pour vous.  Après les frissons, les yeux pleins d’eau.  Un sanglot à la fin et puis un énorme soulagement de voir que toute la pression n’avait pas écrasé l’athlète.  

J’ai fait partie de ceux qui ont critiqué le non-respect du français aux Jeux; j’ai aussi bien ri du corporatisme ambiant qui se dégage de tels événements.  Par contre, à voir Joannie Rochette hier, je me suis rappelé à quoi servent ces Jeux.  Permettre à certains de se dépasser, et permettre à d’autres de rêver.

25/02/2010

Selon mon "hummer"

Ouf!  J’imagine que les politiciens fédéraux respirent beaucoup mieux, au lendemain de cette nette victoire du Canada contre les Russes au hockey masculin.  Oubliez la situation économique précaire, la guerre et l’insatisfaction face au gouvernement.  S’il avait fallu que nos boys ne se rendent pas à la ronde des médailles, nous aurions eu un GROS problème.  Vive les priorités!

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Mario Roy de La Presse écrit aujourd’hui sur les Preppers, ces gens qui achètent de l’eau en bouteille, des conserves, des batteries, des chandelles, des génératrices, des semences et tout ce qui s’achète, en prévision de l’apocalypse.  Je crois comprendre que M. Roy dénonce la culture de la peur, outil plutôt efficace pour faire bouger de la marchandise de la sorte.  Ne craignons rien.  Comme Les Trois Accords le chantent sur leur nouvel album : Nous aussi, nous sommes optimistes… à nos heures.

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Déception.  Moi qui cherchais à étendre ma virilité sur la route, j’apprends que je devrais acheter un Hummer usagé!  Comment épater la galerie au volant d’une voiture éco-énergétique?  Et que dire de toutes ces occasions où je dois conduire hors-route?  Toutes ces fois où un Hummer, tank moderne, aurait pu me sortir du pétrin?  Au moins, je me dis que je ne devrais pas refaire mon entrée de garage pour accommoder le mastodonte. 

23/02/2010

Prêcher dans le désert

Je ne suis pas du genre à frapper sur une option alors qu’elle est par terre, mais permettez-moi de questionner cette nouvelle, qui arrive tout juste à temps pour nous dire : on a encore les moyens de prendre l’avion, checkez-nous ben aller

Je lis les quelques commentaires que la nouvelle suscite et c’est évident que le terrain de jeu est complètement fédéré.  Il n’y a plus de place pour jouer souverain, la glace extérieure étant entièrement occupée. 

Qui joue donc à quoi, ici?  Voyager pour voyager, sortir pour sortir, parler pour parler?  Ailleurs?  Parler de quoi?  Refaire la glace?  Refaire les lignes?  Changer le tableau indicateur?  Jouer en dimensions Olympiques?  S’entendre sur la dimension des buts? 

Non, voyons!  C’est partout pareil, et nous ne sommes pas différents des autres.  C’est simplement qu’il serait préférable d’avoir des arbitres d’ici lorsqu’on joue ici.  Ils sont habitués au froid!

19/02/2010

Sortir du trou

Comment se sortir de l’herbe longue, façon Tiger Woods.

On s’entend tous que l’idéal, à la base, est de ne jamais atterrir dans l’herbe longue.  Mais, étant donné que nous sommes tous faillibles, de telles situations arrivent, des fois.  On regarde Tiger et on se dit que même les professionnels de la maîtrise du bâton l’échappent une fois de temps en temps.  (La reconnaissance de la fréquence est inversement proportionnelle au degré de fanatisme envers l’idole, admettons-le.)

C’est une leçon de vie, cette histoire.  Au fil des tournois, avec les trous qui s’accumulent, nous allons inévitablement en arriver au point où nous serons en mauvaise posture.  Un coup qui nous fait dire, dès qu’il a été décoché, qu’il était loin d’être notre meilleur.  Un coup qui hook, qui slice, qui fait tout et n’importe quoi parce que nous n’étions pas en plein contrôle.  Manque de maîtrise de soi.

C’est si simple, pourtant.  Il s’agit de se concentrer sur un seul trou à la fois.  Ne pas se devancer, ne pas s’exciter, ne pas vouloir swinger pour swinger

Ce que je retiens de la conférence de presse de Tiger?  Qu’il est probablement sincèrement désolé, que c’est juste du golf et qu’au fond, ce n’est pas si pire : sa mère l’aime.

18/02/2010

Un singulier pluriel

Pourquoi la souveraineté n’est plus prioritaire?  Parce que le « nous » existe déjà, dans nos têtes.  On se nounoit, à gauche et à droite, entre nous.  Il ne faudrait pas confondre nous et tous, par contre.  Rappelons-nous que la différence entre nous et tous se situe au niveau du ils.  Oui à un nous inclusif, mais oui à affirmer qu’ils existent.  Eux!  Eux, c’est eux.  Nous, c’est nous.  Et ils sont bien, eux, mais ils ne sont pas nous. 

Nous et eux, c’est bien aussi, souvent!  Eux et nous ferons sûrement d’autres nouveaux nous au fil du temps.  Nous ferons d’autres nous, ils feront d’autres eux, le rêve, quoi!  Mais ce n’est pas vrai qu’il n’y a que nous. 

C’est paradoxal que l’on parle autant de nous alors que le nous n’y est même pas, au même titre qu’eux, les autres.  Bienvenue chez nous!  Du moment que l’on sort de l’appartement par contre, c’est vous, c’est eux, c’est si souvent ils!  Dehors, on se on à tour de bras sans se rappeler que la personne qui parle est exclue. 

Tout le monde sait qu’on parle, on parle, on parle…  On se divertit si souvent entre nous!  Ça vient naturel!

16/02/2010

Être et avoir

Earl Jones a reçu sa sentence.  Au même moment ou presque, on apprend qu’acheter sa première maison sera plus difficile.  C’est simple, c’est une question d’avoir l’argent.  Peut-être y aura-t-il plus de questions à répondre sur le formulaire.  Comme :

-   Sérieusement, avez-vous un MINIMUM d’argent amassé quelque part?  (O/N)

-   Si vous avez répondu O à la question précédente, l’avez-vous donné à votre beau-frère, pour qu’il s’en occupe?  (O/N)

-   Si vous avez répondu O à la question précédente, regrettez-vous de ne pas avoir fait affaire avec cette institution pour vos autres besoins financiers?  (O/N)

Ce qui va inévitablement revenir, pour ceux qui tentent d’accéder à la propriété, à la situation tragi-comique que tous connaissent déjà :

    Non, je n’ai pas d’argent, je voudrais en emprunter.

Désolé, il faudrait en avoir pour que l’on vous en prête.

Au fond, c’est mieux que ce qui prévalait comme système dans un récent passé (exemple vécu) :

Vous avez tendance à souvent changer d’emploi?  Vous travaillez dans un milieu à la sécurité précaire?  C’est votre premier prêt?  Vous êtes jeune?  D’accord, vous êtes approuvé pour votre hypothèque.  Vous savez, vous auriez pu emprunter beaucoup plus.  Est-ce que ça vous dirait d’acheter une voiture neuve?  Parce que vous pourriez, vous savez.  Voulez-vous que je vous pré-autorise?

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Personal foul à M. le Chroniqueur pour avoir produit un texte de fantaisie dans un quotidien qui fait de la dispute Canada/Québec une intarissable source de revenus.

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Éternelle vigilance requise dans le cas des diffuseurs membres du consortium : je crois qu’il s’agit ici de prouver que c’est possible de couvrir l’événement avec des moyens qui ressemblent aux réalités économiques.  Tout en s’assurant de toujours performer, de ne jamais en échapper une.  Je pense ici à la faute de français diffusée à V pendant un bref moment durant la cérémonie d’ouverture des jeux.  Je suis désolé, je n’ai pas de « screen shot ».  Un ER au lieu d’un É, c’était flagrant.  C’est ce qui peut arriver lorsqu’il n’y a pas quinze personnes qui révisent les révisions des réviseurs.

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Je m’attends à ce que l’on déconstruise ici mon orthographe ainsi que mes structures de phrases pour prouver que personne ne peut jamais cracher dans la soupe.  Et ils auraient raison!

12/02/2010

À vos marques !

Pour les prochaines semaines, la planète sera Olympique.  Le focus sera sur Vancouver, alors que nos plus grands talents tenteront de se dépasser pour dignement représenter le Canada.

Vous, quelles compétitions suivrez-vous?  Le hockey, bien sûr!  Le hockey féminin aussi?  Je l’espère!  De grâce, pas que le hockey!  Il y en a tellement!  Sportifs de salon, suivez le programme!

Qu’est-ce qui vous branche le plus, vous, dans l’idée Olympique?  L’incroyable complexité de la machine humaine?  Sa capacité à devenir meilleure, année après année?  Les histoires, toutes uniques, de ces femmes et de ces hommes, vos sœurs, frères, tantes, oncles, cousines, cousins, voisines, voisins, collèges?  Une planète qui se rejoint le temps de quelques jours  pour célébrer l’excellence de son élite?

Chez moi, c’est tout ça et bien plus.  Oui, les athlètes sont le show.  Un show qui est rendu possible grâce à une véritable armée qui, bien avant le lever du soleil jusqu’à beaucoup plus tard que son coucher, fera tout pour nous faire vivre Vancouver comme si nous y étions. 

À vous tous, athlètes, bons jeux!  Et à vous tous qui nous rapporterez ce qui s'y passe, santé!

11/02/2010

L'armée des ombres

Comment réagir à l’histoire du colonel Williams?  C’est à faire frissonner, à faire glacer le sang. 

 

Je lisais son parcours et j’avais la mâchoire décrochée, la bouche ouverte, c’est simple, je n’en revenais pas.  À cause d’un défaut de fabrication sordide, c’est le genre d’histoire qui nous fascine.  À cause de défauts de fabrication sordides, c’est malheureusement le genre d’histoires qui arrivent.

 

Lorsque le décor est institutionnel, respectable, respecté, historiquement important, il faut tenter de faire la différence entre les acteurs et le décor.  Parlez-en aux prêtres qui doivent composer avec moqueries et railleries à cause de pommes pourries.  

 

Toute la lumière doit être faite sur ces événements.  Souhaitons, pour les institutions, que peu de coins d’ombre demeurent.

09/02/2010

Au pied de la lettre

Thumbs down au Journal de Montréal pour la une plutôt tendancieuse de mardi, où on peut lire « Gainey lâche. »

 

J’avais une discussion avec un proche et il me disait que je n’avais pas compris, que ça voulait dire qu’il lâchait son boulot, et non pas qu’il était lâche.  Je sais que c’est effectivement ce que ça veut dire, mais malheureusement, on peut l’interpréter de l’autre façon également.

 

Je sais que le Journal est en lock-out, et que l’ensemble de l’œuvre est produite par des cadres.  Messieurs, un peu de retenue s’il-vous-plaît.  Si je me suis dit que votre une était à double-sens et de très mauvais goût dans le contexte de la nouvelle, vous y avez sûrement également pensé.

 

Et vous vous êtes sûrement dit que ce n’était pas grave, que c’était probablement même bien d’écrire la une ainsi.

 

Pas fort.

04/02/2010

Du bon journalisme

Du bon journalisme, c’est ça.  Étant donné que je suis quelqu’un qui croit bien davantage aux individus qu’aux titres ou aux institutions (qui dépendent des individus qui les portent/représentent), je serais porté à dire que nous pourrions, dans les faits, nous doter d’une nouvelle devise au Québec.

Je sais, c’est peut-être bousculer un peu les procédures et l’ordre établi, mais au point où nous sommes rendus, je crois que ça ne dérange pas tant que ça. 

Alors allons-y!  Je propose : “In Pierre Duchesne we trust.”  Sur les plaques, sur la monnaie, sur les panneaux d’autoroutes, partout.  Vous savez, on vit dans une société qui ne croît plus en grand-chose…  Pierre Duchesne, dans ce cas, est un exemple.  S’il est tellement convaincu de sa propre importance, je vois en lui un exemple de foi en quelque chose de plus grand; un exemple de foi en quelque chose qui nous dépasse. 

Vous savez, comme une farce qu’on ne pige pas?

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Notre Équipe

Frédérick BertrandFrédérick Bertrand

Frédérick Bertrand est journaliste, animateur de radio, troubadour, saltimbanque et épicurien. Grand consommateur d’actualités il vous livre ses impressions, ses opinions et sa vision de la nouvelle tout en décelant les failles occultées par les médias traditionnels !